PROUST (Marcel)

Lot 1
800 - 1 000 €
Résultats sans frais
Résultat: 1 500 €

PROUST (Marcel)

Lettre autographe signée «Marcel Proust». S.l., [date de réception du 29 mai 1903].
4 pp. in-8; date de réception au composteur; apostille autographe du destinataire, «rép[ondu] 29 mai 03»; trace d'onglet couvrant plusieurs mots qui demeurent visibles par transparence.

«Je suis en train de corriger les épreuves de mon livre [La Bible d'Amiens]»

La Bible d'Amiens, jalon important dans la formation d'écrivain de Marcel Proust et dans l'élaboration de ses conceptions esthétiques. Les exercices stylistiques de sa traduction du texte anglais de John Ruskin, et les recherches nécessaires à la rédaction des notes explicatives d'accompagnement, jouèrent un rôle décisif dans son évolution littéraire. Il put aussi observer chez Ruskin la réussite d'un procédé qu'il mettrait brillamment en application dans La Recherche: la conception d'un plan général qui sous-tend une oeuvre littéraire apparemment disparate et qui, dévoilé à la fin impose rétrospectivement un sens et une unité à l'ensemble. En outre, il fit précéder sa traduction d'une importante préface théorique personnelle. Après environ quatre ans d'efforts, le volume paraîtrait en février 1904.
«Cher Monsieur, vous n'entendez plus parler de moi depuis q[uel]q[ues] jours ! Si cela vous ennuie, songez que cela ne m'amuse pas non plus d'écrire tous le temps, car je suis en train de corriger les épreuves de mon livre et j'ai bien peu de temps pour vous envoyer d'incessants pneumatiques.
Mais il faut bien que je vous mette au courant de mes démarches. Vous avez vu le petit mot du Figaro ce matin, sans doute. Quant au Gaulois, où j'avais envoyé hier un jeune auteur, M. de Croisset [Franz Wiener, dit Francis de Croisset, qui avait donné une pièce l'année précédente avec musique de Reynaldo Hahn, et rencontré Proust à cette occasion], voici ce qu'il me répond. Nous aurons donc une martingale... Je vais en parler au directeur et alors je pense que nous l'aurons aussi.
Je n'oublie ni Le Temps ni Les Débats, ni Le Soleil ni la Revue d'art dramatique. Pour ne plus vous ennuyer tout le temps de mes lettres, je ne vous tiendrai plus au courant de mes tentatives et chaque fois que j'aurai obtenu une insertion, je vous couperai le journal et vous l'enverrai sous enveloppe. Je n'ai pas besoin de vous dire que si dans le mot de Croisset il est dit qu'au Gaulois les notes sur les Mathurins sont payantes, cela ne veut pas dire qu'en payant je ferais mettre ce que je voudrais. Sans quoi je vous prie de croire que je ne suis pas d'une avarice assez sordide pour avoir reculé devant cela !
Mais cela signifie (on m'avait expliqué cela l'autre jour au Figaro) que les notes sont payées par les Mathurins et qu'alors ils n'insèrent que ce que le théâtre leur envoie comme note et ne veulent pas faire d'exception pour que chaque artiste ne puisse pas ensuite venir demander un mot pour elle. Mais la direction du Figaro [Gaston Calmette, futur dédicataire de Du Côté de chez Swann] m'avait promise de t[ou]tes façons de passer outre.
Et Brancovan [son ami Constantin Bibesco de Brancovan, frère d'Anna de Noailles] étant très ami d'Arthur Meyer (le directeur du Gaulois), je vais lui demander que Le Gaulois passe outre aussi...»
Démarches pour obtenir des articles sur Louisa de Mornand. Elle venait, le 17 avril, de faire ses débuts au théâtre des Mathurins, dans Le Coin du feu de Tarride et Vernayre, et, à partir du 23 mai, elle allait aussi y jouer dans une comédie de Quillardet et Murray, On n'a pas le temps !
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue