PROUST (Marcel)

Lot 3
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PROUST (Marcel)

3 lettres autographes signées «Marcel Proust». S.l., juin 1903.

1. 3 pp. in-8; date de réception du 12 juin 1903 au composteur, apostille autographe «rép[ondu] le» avec date du 12 juin 1903 au composteur; trace d'onglet au verso. • 2. 1 p. 1/2 in-8; date de réception du 13 juin 1903 au composteur, apostille autographe du destinataire, «récrit avant souper - pas dîner». • 3. 4 pp. in-8; date de réception du 16 juin au composteur, sans millésime; apostille autographe du destinataire, «r[e]ç[u] rép[ondu]»; trace d'onglet couvrant plusieurs mots qui demeurent visibles par transparence.

Correction des épreuves de La Bible d'Amiens: «l'effroyable travail que j'ai en ce moment sur les bras...»

Malgré la fatigue de ses travaux de plume, Marcel Proust organisait un dîner «tranquille» avec Louis d'Albufera et sa maîtresse, qui se tiendrait le 18 juin 1903. La Recherche garde la trace de ces moments à trois où s'affichait librement les sentiments amoureux de ses amis.

1. - «Jeudi soir», [11 juin 1903]: «Cher Monsieur, je ne suis pas encore bien solide mais enfin il me semble que je suis assez bien pour dîner au restaurant - et il est bien utile que nous causions enfin une fois. Êtes-vous libre de dîner avec moi samedi ?... Voulezvous dire à mademoiselle de Mornand que bien entendu, si elle est libre, mon invitation s'adresse aussi à elle (ai-je besoin de le dire ?)
Désirez-vous que j'invite d'autres personnes ? Pour la 1re fois il vaudrait peut-être mieux que nous causions plus librement, sans étrangers, en me permettant de vous dédommager une autre fois par des invités agréables.
Si cette fois-ci cependant il y a des gens qui vous plairaient, dites-le moi, n'est-ce pas ? J'inviterai qui vous voudrez. Maintenant où dîneronsnous ? Aimez-vous mieux Larue ou Durand ? Ou ailleurs ? Je n'ose vous proposer Weber parce que sous prétexte d'aérer ils font énormément de courants d'air et que je suis encore très peu capable de les supporter...»

2. - «Samedi matin», [13 juin 1903]: «Cher Monsieur, à ce soir Larue huit heures. Je trouve qu'on dîne mieux chez Durand, mais il y a aussi beaucoup plus de monde, et surtout plus de gens de connaissance, et puisque nous... désirons cette fois être tranquilles, je crois que nous serons moins dérangés chez Larue. Je me réjouis de passer ainsi un moment avec vous et votre amie... Je me conforme à votre désir qui d'ailleurs était, pour cette fois, le mieux, et je n'invite personne.»

3. - «Lundi soir», [15 juin 1903]: «1° E n ce qui concerne le dîner, permettez-moi de le remettre à la fin de cette semaine ou au commencement de l'autre selon que je serai plus ou moins bien portant.
Mais mercredi j'ai accepté un dîner à Armenonville [chez Antoine Bibesco, avec Anna de Noailles et les Montebello] et comme je sors tout de même demain mardi... je crois qu'avant samedi ou dimanche je serai bien fatigué, surtout avec l'effroyable travail que j'ai en ce moment sur les bras [la correction des épreuves de sa traduction de La Bible d'Amiens de John Ruskin]...
2° A chetez Le T emps... vous y verr ez aux Nouvelles théâtrales un petit mot que j'ai fait mettre sur votre amie à propos des "Nuls" [Louisa de Mornand jouait un petit rôle dans la pièce Les Nuls de Loïe de Cambourg, donnée par le cercle «L'Élan» au théâtre des Bouffes-Parisiens] C'est bien peu de chose mais vous verrez que les nouvelles théâtrales y sont très courtes (et on ne parle de L'Élan qu'à propos de Mlle de Mornand). Et comme c'est le journal le plus lu***, dans le monde entier, je suis content de penser qu'il portera au moins le nom d'une personne qui vous est si chère et qui mérite d'être très connue un jour. J'ai fait faire une démarche auprès du Gaulois. Je ne sais pas encore le résultat. Je ne vous avais pas dit samedi mes intentions pour Le Temps samedi parce que je ne savais pas si je réussirais, dans ce journal si difficile, et que c'est très bête de promettre toujours et de ne tenir jamais... Je passerai probablement de toutes façons demain soir, c'est-à-dire ce soir mardi vers minuit 1/2 chez Larue ou Durand. Si par hasard vous y êtes, je serai heureux de vous serrer la main à tous deux. Mais bien entendu, que cela ne dérange aucun de vos projets, si par hasard vous devez diner avec quelqu'un. Dans ce cas je verrai bien de loin que vous n'êtes pas seuls et naturellement je ne m'approcherai pas de vous... Tous mes hommages à mademoiselle de Mornand...»
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