PROUST (Marcel)

Lot 20
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PROUST (Marcel)

3 lettres autographes signées, une «votre Marcel» et deux «Marcel». Début de janvier 1905 et s.d.

1. 1 p. in-8, liste de noms manuscrite au crayon par le destinataire au verso. • 2. 1 p. in-8 oblong; apostille autographe du destinataire, «reç[u], rép[ondu]», avec date estampée au composteur. • 3. 2 pp. in-8 oblong, liseré de deuil; apostille autographe du destinataire, «rép[ondu]; petit manque angulaire.

«Tu peux trouver que je me vantais d'une délicatesse qui n'est pas la mienne, mais comment as-tu pu croire que c'était pour te reprocher d'en manquer...»

Méandres proustiens de l'amitié.

1. - S.l., [1904 ou début de 1905]: «Mon petit Albu, je n'ai pas l'intention de bouger de chez moi aujourd'hui jeudi et de 6 h. à onze heures 1/4 vous me trouverez si vous voulez me voir, je ne vous en écris pas plus long car je suis debout depuis 8 heures du matin, il est 2 heures du matin et je tremble de fièvre...»

2. - S.l., [date de réception du 5 janvier 1905]: «Mon cher Louis, pour ne jamais avoir une seule personne sans te le dire, je t'annonce que j'en aurai ce soir trois ou quatre à dîner en veston dont Bertrand [de Fénelon]. Tu sais l'immense plaisir que tu me fais en venant, mais je comprends trop bien que tu restes tout simplement et tout gentiment chez toi. Ce n'était que pour te dire et te rappeler que tu es toujours invité. Envoie-moi un pneumatique me disant si je pourrais passer chez toi dans la soirée tard, jusqu'à quelle heure...» En l'honneur de Bertrand de Fénelon, qui repartait en poste à l'étranger, Marcel Proust allait réunir autour de celui-ci, ce soir-là, Reynaldo Hahn, Antoine Bibesco, Gabriel de La Rochefoucauld, René Peter, Lucien Daudet, Fernand Gregh et Albert Flament.
Lettre publiée par Françoise Leriche («14 lettres inédites», n° 5).

3. - S.l., [début de 1905]: «Mon petit Albu, quelqu'un de bien étonné, cela a été moi en voyant que ma lettre t'avait fait de la peine. Et cela m'a bien désolé aussi. Tu as le tort de ne pas te persuader une fois pour toutes que je ne fais jamais de sous-entendus, surtout avec toi. Ce que je te dis est ce que je pense et je ne t'insinue rien. Or jamais je ne t'ai dit que tu ne m'écrivais pas quand tu es heureux, c'est à cent lieues de ma pensée. Je t'ai dit tout, au contraire, et m'excusais de ne pas t'avoir répondu, mais que comme j'avais appris que le malentendu qui te préoccupait était éclairci, je n'avais plus de raison de t'écrire, que quand tu avais un ennui je me permettais de t'écrire tout le temps mais que j'étais plus discret quand tu étais heureux. En disant cela, tu peux trouver que je me vantais d'une délicatesse qui n'est pas la mienne, mais comment as-tu pu croire que c'était pour te reprocher d'en manquer. Enfin je te jure que telle était ma pensée et j'espère qu'il n'y a plus de doute là-dessus dans la tienne. Pardonne-moi de ne pouvoir te voir en ce moment l'aprèsmidi, je traverse un dur moment et ma santé surtout est détestable. Je me réveille rarement avant huit heures du soir. Comme tu ne peux me voir, écris-moi au sujet des étrennes. Je n'ai aucune idée de ce qui doit cette année faire pendant au surtout. Et toi, qu'est-ce que tu veux que je te donne ?
En ce moment, le vent est à ce que ce soit en Suisse [au milieu du mois de février, Marcel Proust croyait devoir partir en cure à Berne] et tr[ès] prochainement que j'aille faire la cure d'isolement.
Mais rien n'est décidé. Tu seras le premier informé...»
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