PROUST (Marcel)

Lot 50
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PROUST (Marcel)

2 lettres autographes signées. Avril-mai 1909.

1. 2 pp. 1/2 in-8; date de réception au composteur, apostille autographe du destinataire datant la réponse du même jour, «remerciant»; trace d'onglet au verso blanc. • 2. 3 pp. in-8, liseré de deuil; date de réception au composteur, apostille autographe du destinataire datant la réponse, «3 m[ai] 09».

«J'en tremble encore d'émotion...»

Sur une opération chirurgicale qu'a subie l'épouse d'Albufera, pratiquée par le chirurgien Antonin Gosset, un ami du frère de Marcel Proust, Robert Proust, également chirurgien.

1. - Lettre autographe signée «ton Marcel». S.l., [date de réception du 18 avril 1909]: «Mon cher Louis, je suis bien ému et bouleversé par ta lettre. Quel coup ! Je me permettrai de faire téléphoner tous les jours. Je suis enchanté que cela ait été fait par Gosset, le meilleur des camarades de mon frère, et que Robert considère comme un chirurgien merveilleux. Ils font presque à eux deux une revue de chirurgie qu'on dit très bien [le Journal de chirurgie, revue critique, fondée en 1908] et j'ai toujours entendu Robert célébrer les grands talents de Gosset avec qui il était intime. Comme la santé de madame d'Albufera (je viens de m'en rendre compte pour l'émotion et le coup que ta lettre m'ont donnés, je le savais déjà mais mon inexprimable émotion m'en a mieux persuadé) m'est infiniment chère et précieuse, c'est un grand bonheur pour moi qu'elle soit entre ces mains habiles. Cher Louis, je te quitte, j'en tremble encore d'émotion. De tout mon coeur à toi...»

2. - Lettre autographe signée «Marcel». S.l., [date de réception du 2 mai 1909]: «Mon cher Louis, j'avais précisément écrit il y a trois jours où tu me dis. N'ayant plus un signe de vie depuis qu'on m'avait demandé un rendez-vous avec Robert, et n'osant pas demander des nouvelles à Robert qui est très secret sur tout ce qui touche à son métier et ses malades et que d'ailleurs je ne vois pas (sauf le jour où j'ai été lui demander rendez-vous), n'osant pas d'autre part lui en demander à elle parce que je pensais que peut-être elle n'était pas allée chez Robert et trouverait indélicat d'avoir l'air de l'y pousser, finalement n'y tenant plus, je lui ai écrit la veille du jour où je t'ai écrit. Hélas, c'est toi qui me donne la réponse et qui me fait bien de la peine, un vrai chagrin de penser au sien. Dis-lui surtout de ne pas se fatiguer à me répondre, que je sais par toi, que je pense sans cesse et douloureusement à elle. Je ne lui écris pas, de peur que ma lettre ne traîne et tombe sous les yeux de sa mère et lui apprenne son état.
Mais ce n'est pas indifférence de ma part, au contraire. Je voulais savoir si Robert a été gentil et bien; ne m'écris surtout pas exprès pour me le dire mais si une fois tu te trouves assis à m'écrire, dis-le moi.
Dis-lui bien qu'elle a absolument tort de ne pas prendre une garde. Fût-ce pour sa mère si ce n'est pas pour elle et ceux qui l'aiment, elle a le devoir de se conserver la plus forte possible et de ne pas user ses forces dès maintenant. Sa mère acceptera plus facilement une garde maintenant. Plus tard, cela l'effraiera. Et elle sera bien mieux soignée. Ce qui n'empêchera pas sa chère fille de lui témoigner toute sa tendresse. De coeur à toi...
Si tu vois, rue Bizet [à la maison de santé parisienne des Soeurs du Très Saint Sauveur], soeur
Antoine, soeur Odile, soeur Chantal, et la supérieure soeur Théobaldine, présente-leur mon affection et mon respect - et aussi celle qui a veillé maman dont je ne peux me rappeler le nom en ce moment [la mère de Marcel Proust, Jeanne Weil, y avait été opérée en 1898].»

Beau document offrant dans son organisation graphique à surcharges un écho des manuscrits littéraires de Marcel Proust.
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