BAUDELAIRE (Charles).

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BAUDELAIRE (Charles).

Théophile Gautier. Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1859. In-12, (4)-iii-(1)-68 pp., titre imprimé à l'encre rouge et noire, filet fleuronné encadrant presque chaque page, demi-veau blond, dos à nerfs, pièce de titre noire, reliure un peu frottée, quelques rousseurs (reliure de l'époque). Édition originale, avec une magnifique lettre-préface de Victor Hugo à Baudelaire imprimée en tête de l'ouvrage. Portrait-frontispice gravé à l'eau-forte par Émile Thérond, déjà utilisé par Poulet-Malassis pour l'édition d'Émaux et camées en 1858. Baudelaire consacra deux études à Théophile Gautier, l'une parue dans L'Artiste (13 mars 1859), publiée à part dans la présente édition (fin de 1859) puis intégrée dans les Curiosités esthétiques (1868), l'autre parue dans la Revue fantaisiste (14 juillet 1861) puis intégrée dans L'Art romantique (1868). Envoiautographe signé « à mon ami a. Gaïffe, Ch. Baudelaire ». Le présent exemplaire est cité dans le Dictionnaire Baudelaire par Claude Pichois et Jean-Paul Avice (p. 201). Adolphe Gaiffe (né en 1830), ami de Théophile Gautier, fut un temps rédacteur en chef du quotidien La Presse. Bon vivant et affairiste, mêlé au scandale de la Caisse générale des chemins de fer, il fut évoqué par Arsène Houssaye dans ses Confessions et par les Goncourt dans Les Hommes de lettres sous le nom de Florissac. Lorsque Baudelaire collabora à La Presse, il eut besoin de Gaiffe et lui offrit de ses livres. Théophile Gautier, « poète impeccable » dédicataire des Fleurs du mal. Baudelaire qui, dès sa jeunesse, avait lu Théophile Gautier avec passion, le rencontra vers 1843-1845 et entretint avec lui une relation suivie à partir de 1851. Il lui vouait une amitié sincère et, chose rare chez lui, le tutoyait. L'admiration qu'il lui portait, en revanche, se révèle plus ambiguë : s'il admire la recherche formelle dans l'art de Gautier, il se sent néanmoins plus en résonnance avec la part sombre de son oeuvre et la notion de modernité qui s'en dégage. Gautier fut certes pour Baudelaire un ami quelque peu condescendant et prudent, mais il se montra un lecteur attentif et admiratif du poète des Fleurs du mal à qui il consacra plusieurs études et critiques littéraires importantes.
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